Au dia­pa­son

Dans son tra­vail, l’artiste cana­dien Nico­las Ber­nier réunit l’ancien et le nou­veau monde. Ses com­po­si­tions sonores arti­culent tech­no­lo­gies d’aujourd’hui (sys­tèmes élec­tro­niques) et objets du pas­sé (machine à écrire, cloches, ins­tru­ments de musique acous­tiques, etc.) à tra­vers une gram­maire inter­dis­ci­pli­naire (son, vidéo, per­for­mance live, tech­no­lo­gie…) qui cherche tou­jours l’équilibre entre céré­bra­li­té et sen­sua­li­té, entre matières orga­niques et trai­te­ments numé­riques. Dans fre­quen­cies (a / frag­ments) des dis­po­si­tifs com­man­dés par ordi­na­teur activent une varié­té de dia­pa­sons dont les ondes sinu­soï­dales trouvent leur écho dans des réponses syn­thé­tiques simi­laires créant ain­si des fric­tions et un trouble entre élé­ments acous­tiques et élec­tro­niques.

Titre : Fre­quen­cies (a / frag­ments)
Auteur : Nico­las Ber­nier
Date : 16 février 2014
Durée : 33′43″’
Pro­duc­tion : Line
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Sans eau

Si dans cer­taines régions du monde l’eau coule à flots, dans d’autres elle est un liquide rare et pré­cieux. Han­nah Hart­man, artiste sonore sué­doise, s’est ren­due dans des lieux qui souffrent de graves pénu­ries d’eau pour réa­li­ser Törst (“soif”), une com­po­si­tion dans laquelle elle capte le son du mou­ve­ment de l’eau à tra­vers les aque­ducs, siphons, plom­be­rie, pompes, déver­soirs… Des sons qu’elle mixe avec ceux d’une trom­pette qui semble aus­si assé­chée que les conduits ! Bien enten­du, der­rière l’expérience audi­tive émerge la ques­tion plus poli­tique de la répar­ti­tion et de l’utilisation de nos res­sources natu­relles. Œuvre lau­réate ex æquo du Prix Pho­nur­gia Nova 2016 dans la caté­go­rie Art Radio – Sacem.

Titre : Törst
Autrice : Han­na Hart­man 
Date : 2011
Durée : 29′48″
Pro­duc­tion : Deut­schlan­dra­dio Kul­tur
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A fond les bal­lons !

En ces heures prin­cières, nous dif­fu­sons l’hymne des royaumes inter­sti­tiels d’Elgaland~Vargaland inter­pré­té avec des bal­lons gon­flables ! Un enre­gis­tre­ment réa­li­sé à la média­thèque de Châ­teau-Gon­tier en 2015 dans le cadre de Vide-Poches, expo­si­tion inté­grée à la mani­fes­ta­tion L’Art est la chose orga­ni­sée par Hulaut & Clarke.
Monar­chie extra­va­gante fon­dée par les artistes sué­dois Leif Elg­gren et Carl-Michael von Hauss­wolff, Elgaland~Vargaland s’étend géo­gra­phi­que­ment entre toutes les fron­tières ter­restres et marines, mais aus­si men­tales, sur Inter­net, etc. Sous l’apparente bouf­fon­ne­rie du pro­jet, se cache une pro­po­si­tion artis­tique huma­niste contre toutes les formes de ser­vi­tude, de contrôle et de limi­ta­tion des droits et des liber­tés des indi­vi­dus.

Titre : There is a ball for eve­ry king
Auteur : Ano­nyme
Date : 18 juillet 2015
Durée : 1′44″
Pro­duc­tion : Édi­tions Cac­tus
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Son gla­çant

Un son, aus­si court que fas­ci­nant, du bruit que fait le lac Peï­pous, que bordent l’Estonie et la Rus­sie, lorsqu’il est gelé. Une cap­ta­tion audio de Vei­jo Run­nel, bio­lo­giste et natu­ra­liste esto­nien qui, par la pho­to­gra­phie et la prise de son, enre­gistre la nature de cette contrée d’Europe de l’est.

Titre : Ice­quake
Auteurs : Vei­jo Run­nel
Date : 7 jan­vier 2017
Durée : 0′57″
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Le son au car­ré

Auteur com­po­si­teur de musique concrète comme de hör­spiel, plu­sieurs fois lau­réat de concours de musique expé­ri­men­tale, Rémy Car­ré œuvre depuis les années 80 au ser­vice de la créa­tion sonore. Ses com­po­si­tions pour le concert acous­ma­tique ont fait l’objet de com­mandes par de nom­breux centres de recherche et de créa­tion dont le GMEB, le GMVL, l’INA-GRM et la Muse en Cir­cuit. Col­lage, cut-up, mixage, autant de tech­niques d’écriture qu’il emploie dans sa musique très expres­sive, à l’image de sa pièce ILS que nous écou­tons ici.

Titre : ILS
Auteurs : Rémy Car­ré
Date : 29 août 2016
Durée : 9′21″
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Dans l’ombre de la mon­tagne silen­cieuse

In The Sha­dow of the Silent Moun­tain est une édi­tion du label alle­mand Gruen­re­kor­der qui pro­pose une sorte de car­to­gra­phie sen­sible du site de la chaîne de mon­tagnes Picen­ti­ni, dans le sud de l’Italie. D’un côté, un livret de Chia­ra Cate­ri­na avec 50 textes de 100 mots et des pho­to­gra­phies du site. De l’autre côté, cet album en ligne d’Angus Car­lyle qui a tra­vaillé à par­tir de pré­lè­ve­ments sonores réa­li­sés sur place.  Une pro­me­nade audi­tive à tra­vers un pay­sage à la ren­contre de chants d’oiseaux, du cré­pi­te­ment de la neige, de cloches – d’églises comme de vaches ! –, d’aboiements de chiens, de rires d’enfants, de la course de jog­gers, du vacarme des machines indus­trielles… et, tout au bout du voyage, du bruit des vagues de la mer !

Titre : In The Sha­dow of the Silent Moun­tain
Auteurs : Angus Car­lyle
Date : 15 août 2016
Durée : 55′21″
Pro­duc­tion : Gruen­re­kor­der
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Espaces réson­nants

Cam­pa­nas” est une expres­sion uti­li­sée par les habi­tants de La Gome­ra, une des îles des Cana­ries, pour iden­ti­fier des espaces natu­rels qui résonnent (canyons, ravins, val­lées escar­pées et rocheuses) et sont uti­li­sés comme ampli­fi­ca­teurs par les locu­teurs du Sil­bo, une langue sif­flée, pour com­mu­ni­quer entre eux jusqu’à quatre ou cinq kilo­mètres de dis­tance. Ales­san­dro Boset­ti fait « par­ler » ces espaces à tra­vers leurs qua­li­tés acous­tiques et poé­tiques.

Titre : Cam­pa­nas
Auteur : Ales­san­dro Boset­ti
Date : 19 juillet 2010
Durée : 24′09″
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C’est ven­dredi !

Ven­dre­di est le fruit d’un ate­lier ani­mé par Félix Blume en juin 2016 à Arles por­tant sur le pay­sage sonore. Après une déam­bu­la­tion à l’aveugle dans la ville, un ban­deau sur les yeux, qui les ame­nait à écou­ter leur envi­ron­ne­ment, les par­ti­ci­pants ont arpen­té les rues d’Arles pour col­lec­ter des sons carac­té­ris­tiques de la cité occi­tane : des rives du Rhône aux voies de che­min de fer, des ter­rasses en bord de ciel aux entrailles de la crypte, le micro tan­tôt embrasse le pay­sage qui se livre à la sur­face de la ville, tan­tôt va son­der les secrets des pierres et des fon­taines.

Titre : Ven­dre­di
Auteurs : Laure Ego­roff, Sacha Bol­let, Elise Dely, Laure Cointe, Denis Cointe, sous la direc­tion de Félix Blume
Date : 2017
Durée : 16′50″
Pro­duc­tion : Ate­lier Pho­nur­gia
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Roman Anglais

Un Roman Anglais à écou­ter. Un album, né de la ren­contre entre Féli­cia Atkin­son et Syl­vain Chau­veau, qui explore les zones d’ombre de l’âme comme celles de la musique. Quatre longues bal­lades dans les­quelles Féli­cia Atkin­son susurre du bout des lèvres, un peu comme à notre oreille, tan­tôt en anglais tan­tôt en fran­çais, une poé­sie mélan­co­lique qu’accompagne de sa gui­tare élec­trique Syl­vain Chau­veau dans des volutes vapo­reuses et bour­don­nantes. Spleen et Ideal avez-vous dit ?

Titre : Roman Anglais
Auteurs : Féli­cia Atkin­son, Syl­vain Chau­veau
Date : 4 avril 2008
Durée : 40′09″
Pro­duc­tion : O Rosa Records
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L’abandon d’Andro­maque

L’abandon d’Andromaque est une créa­tion d’Aline Cham­bras pour Jouis­sance / Extase, un concert à thème orga­ni­sé par l’association Octandre à Bor­deaux en novembre 2017. Une très belle œuvre élec­troa­cous­tique par cette jeune artiste qui signe aus­si des docu­men­taires ou des fic­tions pour, entre autres, Arte Radio et France Culture et réa­lise des ins­tal­la­tions sonores, tra­vaille pour le théâtre, des ins­ti­tu­tions, etc.

Titre : L’abandon d’Andromaque
Autrice : Aline Cham­bras
Date : 2017
Durée : 4′22″
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His­toire cochonne

Une his­toire cochonne par Irvic D’Olivier, mais… vrai­ment pas très sexy ! Une cap­sule sonore de Silence Radio.

N.B. : l’accès à ce son néces­site la pré­sence d’Adobe Flash Player sur votre appa­reil (sys­tème IOS non équi­pé par défaut).

Titre : His­toire cochonne
Auteur : Irvic D’Olivier
Date : Mars 2006
Durée : 3’03
Pro­duc­tion : Silence Radio
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Et souffle le vent

De la force assour­dis­sante d’un vent tumul­tueux à d’inquiétants silences, cette pièce de l’artiste basque Oier Iru­re­ta­goie­na alias Tüsü­ri, arti­cule une ten­sion dra­ma­tique à par­tir de ces extrêmes sonores. L’artiste fait réfé­rence à la mytho­lo­gie basque dans laquelle l’Aizeola, qui donne son nom à cette pièce, était une forge à vent uti­li­sée dans les temps anciens pour faire fondre le mine­rai abon­dant dans cette par­tie du nord-est ibé­rique. Nous pou­vons presque sen­tir dans cet enre­gis­tre­ment la terre se bri­ser sous la puis­sance de la nature.

Titre : Aizeo­la
Auteur : Tüsü­ri (Oier Iru­re­ta­goie­na)
Date : 2008
Durée : 14′11″
Pro­duc­tion : Test Tube
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En corps

Un corps qui tombe, un corps qui sue, un corps qui souffle, un corps qui souffre… ça fait quel(s) bruit(s) au juste ? L’énigmatique Bruit-Blanc sur son audio­blog (avec plein de mor­ceaux de bruits intem­pes­tifs dedans, mais sur­tout beau­coup de talent), semble nous appor­ter une réponse par le son lui-même.

Titre : Corps seul
Auteur : Bruit-Blanc
Date : 28 novembre 2007
Durée : 5′22″
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Les oreilles dans les étoiles

Par­fois, entre deux aspé­ri­tés sonores, il nous vien­dra l’envie de calme et de séré­ni­té à l’instar de la musique du japo­nais Sasa­gu Ota aka Hito­shires qui, dans Stel­la, nous livre une com­po­si­tion aérienne à par­tir d’un jeu déli­cat avec les lar­sens et les vibra­tions des cordes de sa gui­tare élec­trique. Oui, par­fois nous aurons envie d’écouter les étoiles. Une pro­duc­tion du très recom­man­dable label Taâ­lem.

Titre : Stel­la
Auteur : Sasa­gu Ota
Date : 7 octobre 2016
Durée : 19′48″
Pro­duc­tion : Taâ­lem
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Ultra-poé­sie

Plus connu comme plas­ti­cien pour ses des­sous d’affiches lacé­rées, Fran­çois Dufrêne fut aus­si, dans les années 50, le fon­da­teur de l’ultralettrisme, soit une forme de “let­trisme sonore” qui explore les pos­si­bi­li­tés vocales (cris, bruits de gorge et de langue, pho­nèmes, etc.) dans le but de géné­rer une poé­sie sonore pure­ment pho­né­tique et spon­ta­née qui devien­dra ensuite le ter­rain d’exploration des Ber­nard Heid­sieck, Hen­ri Cho­pin et consorts. Köchel que j’aime est une œuvre qui date de 1969.


Titre : Köchel que j’aime
Auteur : Fran­çois Dufrêne
Date : 1969
Durée : 9′36″
En écoute sur Ubu­Web
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Enjoy the silence

Après avoir réuni une col­lec­tion de “silences” récol­tés en Alas­ka, Daniel Capeille, pre­neur de son et concep­teur sonore, inter­roge la défi­ni­tion de cette matière dis­crète, et de plus en plus rare, dans Le Silence sur un fil, une créa­tion qui tient autant du docu­men­taire que du pay­sage sonore. Nous vous invi­tons à l’écouter au casque pour per­ce­voir les sons les plus ténus. Une réa­li­sa­tion lau­réate du prix Pho­nur­gia Nova 2017 dans la caté­go­rie Pay­sage sonore.

Titre : Le Silence sur un fil
Auteur : Daniel Capeille
Date : 2017
Durée : 43′
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Ecou­ter le ter­ri­toire

En 2015, à l’invitation de la Fon­da­zione Aure­lio Petro­ni, Nico­la Di Croce, musi­cien, com­po­si­teur et archi­tecte basé à Venise, mène une rési­dence artis­tique à San Cipria­no Picen­ti­no, un petit vil­lage du sud de l’Italie, pen­dant laquelle il déve­loppe un pro­jet inti­tu­lé Lis­te­ning Clo­se­ly. L’objectif était d’éclairer le lien entre l’environnement sonore et le degré d’engagement socié­tal et poli­tique des habi­tants et, ce fai­sant, de sti­mu­ler la prise de conscience de l’identité sonore d’un ter­ri­toire pour qu’elle puisse être consi­dé­rée dans le cadre de la poli­tique du vil­lage. Les 8 com­po­si­tions en écoute sont le fruit d’un ren­du de cette expé­rience.

Titre : Lis­te­ning clo­se­ly 
Auteur : Nico­la Di Croce 
Date : 12 jan­vier 2018
Durée : 46′21″
Pro­duc­tion : Sonos­pace
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Les arai­gnées aus­si s’aiment…

Oui, bien sûr, les arai­gnées s’aiment aus­si ! Et dans la famille des lycoses, quand les mâles sont gor­gés de désir sexuel, ils émettent des signaux sonores en tam­bou­ri­nant les feuilles afin d’attirer à eux les femelles. Ce son sur­pre­nant c’est Marc Nam­blard qui nous le décrit dans sa chro­nique “son de sai­son” pour les Car­nets de la revue Syn­tone (n°09 Prin­temps 2017) et qui l’illustre par cet enre­gis­tre­ment dis­po­nible en ligne.
Nous vous invi­tons d’ailleurs à écou­ter tous les (incroyables) sons de la série ici.

Titre : Les arai­gnées aus­si s’aiment…
Auteur : Marc Nam­blard
Date : 2017
Durée : 1′55″
Pro­duc­tion : Syn­tone
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Paroles sous hyp­nose

Ago­gies est une com­po­si­tion radio­pho­nique de Marie Lisel, créa­trice sonore et pra­ti­cienne en hyp­nose dite érick­so­nienne, et Daniel Mar­tin-Bor­ret, auteur et créa­teur sonore, réa­li­sée à par­tir d’enregistrements de sou­ve­nirs enfouis, états émo­tion­nels fra­giles, actes man­qués… Un tra­vail d’une grande déli­ca­tesse qui a reçu une men­tion spé­ciale au prix Pho­nur­gia Nova 2017 dans la caté­go­rie Archives de la Parole — BNF.

Titre : Ago­gies
Auteurs : Marie Lisel, Daniel Mar­tin-Bor­ret
Date : 2017
Durée : 16′50″
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Débris

Jana Win­de­ren, artiste sonore nor­vé­gienne, mène un tra­vail de topo­gra­phie audio des océans et des cre­vasses gla­ciaires. Des sons intenses et pro­fonds qui font la matière pre­mière de ses com­po­si­tions élec­troa­cous­tiques vibrantes. Débris réunit deux œuvres ini­tia­le­ment réa­li­sées en qua­dri­pho­nies pour des gale­ries d’art.

Titre : Débris
Autrice : Jana Win­de­ren
Date : Juin 2012
Durée : 27′22″
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